Les 3 premières minutes

Bravo ! Vous l’avez abordée et vous n’avez encore aucune trace de morsure… Vous êtes allé vers elle sans trop saliver, vous avez même réussi à maîtriser votre bafouillement pour lui demander

– Bon… bonjour mademoiselle… je suis un peu… heu… un peu perdu, voilà!

Elle vous a simplement dévisagé d’un drôle d’air et a répondu

– Ah oui ?

Maintenant vous avez un problème : il va falloir lui parler et vous n’avez que trois minutes.

Pourquoi trois minutes ?

C’est une règle non écrite des rapports entre les gens en société quand deux personnes qui ne se connaissent pas commencent une conversation, celle-ci va durer environ trois minutes. Au-delà de ce temps, si l’une des deux personnes désire interrompre la conversation, elle pourra le faire sans paraître impolie, à l’aide d’une bonne excuse.

C’est un phénomène général de la vie en société. Vous-même le faites inconsciemment. Par exemple, on vous présente une vieille tante qui postillonne en radotant. Vous allez être poli et l’écouter pendant trois minutes avant de trouver une bonne excuse et de partir en courant. Par contre, si dans ce laps de temps elle vous parle de sa petite nièce de vingt et un ans qui ressemble à Sophie Marceau en mieux, vous allez quand même être intéressé et oublier de disparaître aussi vite.

Pour la drague, c’est exactement la même chose. La fille qui vous répond « Ah oui ? » vous donne inconsciemment trois minutes de son attention. Rien que ça c’est merveilleux, de savoir que vous pouvez obtenir facilement trois minutes de toutes les filles superbes que vous croisez, du moment que vous les abordiez correctement !

Bien sûr, vous n’avez rien contre aller au-delà de ces trois minutes. Pour cela, il vous suffit de faire passer le message suivant : je suis un homme amusant, intéressant, pas radin (elles ont horreur !), différent des autres. En un mot, vous avez tout intérêt à mieux me connaître. C’est exactement ce qu’à fait cette vieille tante en vous parlant de sa petite nièce : elle a réussi à vous intéresser, et vous vous retrouvez à plaisanter avec elle dans le fauteuil d’à-côté.

Pour intéresser la fille que vous draguez, il faut lui parler. Et trois minutes, c’est court pour ne pas débiter des banalités du genre « Vous êtes déjà venue par ici ? », « Quel beau temps n’est ce pas ? » ou « II y a beaucoup de monde aujourd’hui… ».

Vous devez arriver à vous servir de quelques bons trucs (il y en a tout un tas dans ce livre !) pour orienter la conversation afin d’être sûr de faire passer le message.

C’est gagné ! Dès qu’une fille vous trouve intéressant, il n’y a plus de problème pour qu’elle passe des heures avec vous ou, si les circonstances vous en empêchent, pour qu’elle ait envie de vous revoir. Prenez son numéro de téléphone !

 

Faire un compliment sans en avoir l’air

Quand vous faites un compliment sincère à une jolie fille, c’est une manière de dire : « Vous me plaisez, il y a quelque chose en vous qui m’attire et que j’aime bien… » Tous le monde réagit positivement aux compliments parce qu’il est difficile de résister à l’idée de plaire.

Mais attention, vous vous adressez à quelqu’un qui ne vous connaît absolument pas. Vous devez être subtil dans votre manière d’exprimer votre admiration pour être sûr, justement, qu’elle va réagir positivement. Une jeune femme, quand elle est abordée par un garçon, surtout dans un lieu public, va toujours penser qu’il est à la recherche d’une aventure. Si vous commencez par lui faire des compliments trop directs sur son apparence physique en particulier, vous allez l’effrayer.

Ce n’est pas le but recherché

Ce qu’il faut, c’est la mettre en confiance, l’apprivoiser par l’utilisation de compliments discrets. Commencez par être anodin. Faites des compliments sur ses boucles d’oreilles ou son collier. Progressivement, quand vous la sentez se détendre, osez lui parler de ses mains, de ses sourcils. Seulement si elle apprécie vos compliments vous pouvez lui parler de son sourire, de ses cheveux et de ses yeux. Vous voyez ? Alors que beaucoup d’hommes abordent une jeune fille inconnue en lui parlant tout de suite de ses yeux… Grave erreur ! (c’est banal et trop personnel).

Ensuite vous devez quand même essayer d’être un peu original. Si par exemple cette fille ressemble à Sophie Marceau et que vous lui dites, vous pouvez être certain que c’est la 200.000ème fois qu’elle entend ça. N’espérez pas trop la faire tomber avec ce genre d’argument !

Un très bon truc des trois premières minutes de conversation est de faire un compliment sur un de ses défauts. Je ne parle évidemment pas de sa surcharge pondérale (elles y sont très sensibles, trop…) car de toute façon vous n’avez pas abordé la sculpture façon Botero qui a manqué vous projeter dans le caniveau en vous croisant.

Une fille est mignonne et vous le lui dites, c’est bien, mais elle ne gardera pas un souvenir inoubliable de cette première rencontre. Par contre, si vous remarquez qu’elle a une toute petite poitrine et que vous lui dites qu’elle a une silhouette extra, que c’est bien mieux car elle peut porter ce qui lui fait envie, vous allez voir comment elle va s’ouvrir et se décontracter. Vous pouvez être sûr qu’elle est complexée de ne pas avoir de poitrine. Vous arrivez et vous lui dites que c’est mieux ainsi, elle va vous trouver carrément intéressant !

Elle va se mettre à vous raconter que ça l’a toujours bien embêtée, mais que finalement c’est peut-être bien plus pratique… Faites un compliment sur le point faible d’une femme et vous la ferez fondre. Beaucoup de jolies filles ont un petit défaut : le nez, des lèvres trop ourlées ou trop fines, une taille qui ne leur plaît pas… (en plus souvent elles s’en inventent !).

Un autre très bon truc est de lui dire qu’elle est spéciale. Vous ne savez pas bien quoi, mais il y a quelque chose de spécial en elle, quelque chose de différent des autres qui vous a tout de suite frappé. En réalité, ce qui vous a surtout frappé c’est qu’elle vous plaît. Si vous n’avez pas l’air de vous payer sa tête, elle va chercher avec vous. Finissez quand même par trouver quelque chose de crédible.

 

Captivez son attention

Beaucoup d’hommes croient qu’il est dur de draguer parce qu’ils pensent qu’il faut savoir bien parler, être cultivé, avoir de l’argent à dépenser et surtout ne dire que des choses intelligentes.

C’est totalement faux ! On réussit très bien en racontant n’importe quoi, des histoires sans queue ni tête, ou en changeant de sujet toutes les dix secondes. En un mot, en racontant des conneries.

Et ça, c’est à la portée de tout le monde.

N’ayez pas peur d’inventer des histoires abracadabrantes : « Ne vous retournez pas, mais je viens de repérer des agents du FBI. Ils vous cherchent mais ne vous en faites pas, je suis là pour vous protéger ». C’est la manière dont Belmondo séduit dans tous ses films. Et ça marche très très bien, d’autres façons de faire : enchaînez dix conneries à la minutes en changeant perpétuellement de sujet. Votre conversation devient vivante, ce qui importe ici c’est la forme pas le fond. L’important c’est que ça aille très vite, que ce soit un tourbillon dans lequel elle se sent emportée.

Cas vécu : rattrapant une fille dans la rue, je lui ai pris le coude en lui chuchotant – « je suis poursuivi. La seule façon de disparaître, c’est de se faire tout petit. Imaginez que nous marchons tout les deux à l’intérieur de cette fissure du trottoir… Comment voyez-vous les choses ? ». Elle m’a rétorqué

– Ce n’est pas possible ! On va se faire écraser ou balayer d’un coup de vent !

Et puis elle a éclaté de rire parce que c’était complètement inepte !

Les femmes se laissent facilement faire par les hommes qui racontent n’importe quoi. Ca les désarme. Peut-être pensent-elles que parce qu’ils ont l’air un peu fous ils ne sont pas dangereux !

 

Rapprochez vous d’elle

Attention… cela ne veut pas dire que dans les trois minutes où elle vous a rencontré, vous deviez nécessairement la prendre sur vos genoux ! Simplement, dans le cours de la conversation, il n’est pas très difficile de vous débrouiller pour lui toucher le bras, la main ou même les cheveux (plus difficile, mais très agréable ! – voir le cas vécu ci dessous). Il y a tout un tas de prétexte pour que vous ayez l’occasion de lui toucher le bras – « Ne descend pas du trottoir, une voiture arrive derrière nous ! ». Vous insistez sur un point de la conversation et sans y penser vous posez votre main sur son bras, comme pour appuyer votre argumentation. Immédiatement vous vous sentirez plus près d’elle (pensez à retirer votre main au bout de quelques instants). Prenez-la par le bras pour traverser une rue, ou par l’épaule pour lui indiquer quelque chose au loin. Elle s’éternise un peu trop devant une vitrine ? Une main légère autour de la taille fera l’affaire…

N’oubliez pas de faire tous ces petits gestes en apparence anodins quand vous êtes en public. Ils sont importants car ils vous rapprochent et la mettent en confiance. Presque tous ces gestes sont des manifestation de protection ou de sympathie. Grâce à eux, elle se sentira bien auprès de vous. Votre but est d’aller au-delà de la simple amitié (bien que ce soit fort recommandable et appréciable par ailleurs) avec elle ; vous allez contribuer à créer une atmosphère de complicité et d’intimité en n’ayant pas peur de la toucher. Mais pas de zèle! Pas question de la peloter ou de la coller! Elle s’effaroucherait tout de suite et ce serait carrément râpé… modérez votre enthousiasme !

Ensuite elle trouvera que vous avez de l’assurance, que votre retenue vis-à-vis d’elle n’est pas de la timidité. Croyez-moi, il n’y en a pas beaucoup qui osent ne serait-ce que toucher le bras d’une fille la première fois qu’ils l’abordent. Tant mieux pour vous.

Enfin, elle va s’habituer à votre contact, et ça c’est très bon. Cela vous évitera de la voir s’accrocher au lustre du plafond la première fois que vous la prendrez dans vos bras…

 

Montrez que vous avez de la personnalité

Dans les films ou les romans d’amour, vous avez souvent vu les héros se heurter lors de leur première rencontre. Rappelez-vous « Love Story » : elle est bibliothécaire et elle ne veut pas lui donner le livre qu’il demande. Il s’énerve, la bouscule un peu et elle le traite de :

– Stupide gosse de riches…!

– Qu’est-ce qui vous fait croire que vous êtes aussi intelligente ?

– Je ne prendrai jamais un café avec vous.

– Ecoutez ! Ne comptez pas là-dessus, je ne vous le proposerai pas !

– C’est justement pour ça que vous êtes stupide.

C’est jouer avec le feu, mais accompagné d’un très beau sourire en conclusion, vous pouvez être sûr que c’est un jeu extrêmement valorisant et amusant. Ca lui prouve que vous avez de la répartie et de la personnalité. C’est très payant !

Par contre, n’outrepassez jamais certaines limites : ne lui balancez pas d’injures qu’elle ne vous pardonnerait pas, ayant trait à ses défauts physiques ou à pire encore. Vous pouvez lui dire qu’elle est con, qu’elle ne comprend rien, alimenter une certaine opposition entre vous. Retenez votre agressivité et bridez absolument toute manifestation de mépris ou de pitié.

La prochaine fois que vous la rencontrerez elle se souviendra très bien de vous. II y a de grandes chances pour qu’elle vous adresse d’elle-même la parole. Sortez alors votre numéro de charme et de réconciliation, vous êtes assuré de la gagner.

Ce type de comportement où vous faites preuve de personnalité marche bien quand il n’y a pas a priori d’affinités particulières entre vous. Ca permet de se frotter un peu et de marquer l’empreinte de votre première rencontre. Ca n’empêche pas une petite aventure par la suite !

Cas vécu : en plein mois d’Octobre, je lui ai soutenu que ce serait grisant total que nous puissions respirer du bon air dehors la nuit. Je lui ai juste dit de s’habiller chaudement car on prenait la voiture et qu’on n’allait pas tout près. Une fois dans la voiture, elle a eu la bonne idée de s’endormir (il était quand même une heure du matin après un bon dîner).

Quand elle s’est réveillée, elle reçu la gifle des embruns de l’Atlantique et les roulements du ressac, encore plus impressionnants dans le noir. Nous avons dansé sur la plage (sans musique et en grelottant dans les bourrasques), couru dans tous les sens.

Après ça, elle a naturellement voulu que je la ramène (parce que se trouver un hôtel à trois heures du matin passées, hors saison… !) et qu’on se tape donc toute la route dans l’autre sens.

Non. Même si ça parait le plus raisonnable (elle aurait pu conduire elle-même, moi je n’en pouvais plus), allez jusqu’au bout de votre idée. Elle n’avait pas peur de moi, mais commençait à devenir extrêmement irritable, voulait un vrai lit pour dormir, se sentait fatiguée à son tour, etc… Moi je devenais de plus en plus silencieux (ça ne servait à rien de se chamailler, elle se braquait et il aurait été dommage de faire tout ça pour rien). On a donc roulé avec le chauffage à fond pour accumuler le plus possible de chaleur et on s’est arrêté dans un coin calme. Et là, siège couchettes, dodo pendant deux heures.

Résultat : un lever à l’aube, en rase campagne de bord de mer, cris de mouettes, verre de lait à la ferme la plus proche, croissants brûlants à la première boulangerie de village.

Eh bien la vérité, c’est qu’elle avait complètement oublié ses reproches de la nuit ! C’était la plus belle matinée qu’elle pouvait rêver, car quand on n’a pas l’habitude de se lever à l’aube, les premiers instants du jour levant sur l’immensité de l’océan, ça vaut franchement son pesant d’huîtres ! Donc, si vous avez une bonne idée en tête, même si elle râle, tenez bon.

D’ailleurs les filles respectent plus facilement les garçons qui leur résistent un peu c’est bien connu. Et vous aurez tout le temps de vous réconcilier par la suite, en riant avec vos amis de cette folle nuit dans le froid et de la tête des moutons que vous avez découverts à votre réveil !

 

Sachez vous taire

Vous ne savez vraiment pas quoi lui dire. Toute votre énergie, votre imagination sont passées dans la recherche d’une phrase pour l’aborder et maintenant vous êtes totalement sec. Vous n’avez qu’une envie, c’est de vous enfuir en courant, mort de honte.

Surtout ne fuyez pas. Vous avez déjà fait le plus dur, soyez patient trente petites secondes. Ce silence que vous trouvez interminable et que vous n’arrivez désespérément pas à remplir, elle aussi le ressent de façon désagréable. C’est elle qui va venir à votre aide et reprendre la conversation. Et il y a beaucoup de chance pour qu’elle dise quelque chose de plus intelligent que tout ce que vous aurez pu trouver.

De toute façon, il vaut beaucoup mieux se taire que, sous l’emprise de l’excitation (nom d’un chien, la première fille qui m’écoute sans prendre ses jambes à son cou !), se mettre à déverser un tombereau de stupidités. En plus, si vous prenez l’air suffisamment concentré (voir la scène du film « Itinéraire d’un enfant gâté » entre Belmondo et Anconina !), elle va probablement se dire que vous réfléchissez à votre dernier échange de phrase et estimer du même coup que vous êtes intelligent.

Les gens qui pèsent leurs mots et réfléchissent impressionnent. Quand même, n’abusez pas ! Sinon vous donnerez l’impression de cherchez comment articuler « il est bientôt six heures », et ça nuirait à votre crédibilité.

 

Les sujets que toutes les filles adorent

Les bébés, les enfants en bas âge, les chiots, les chatons. Avec cette panoplie vous ne pouvez déjà pas vous tromper. Alors si votre tante insiste pour que vous preniez deux chatons en pension et que vous ayez des vues sur un gentil petit lot, acceptez.

Cas vécu : deux chatons à la maison m’ont permis de fixer une jeune fille qui jusque là ne me trouvait pas tant d’intérêt que ça. Mais sans doute que cette présence animale lui a fait supposer que j’avais la fibre paternelle. Nous nous sommes très bien entendu, tellement que lorsque nous nous sommes séparés, elle m’a demandé de garder les chats (ils avaient grandis entre temps). Tout bénéfice!

Bien sûr les fleurs. Apprenez un minimum sur le langage des fleurs et leur appellation en latin, ça peut toujours servir et ça impressionne. Si en plus vous êtes capable d’offrir des fleurs en exposant le meilleur moyen de s’en occuper, elle va à coup sûr vous considérer comme quelqu’un à l’esprit ouvert et donc intéressant. De toute façon vous êtes gagnant à tous les coups, car je n’ai jamais vu une fille détester les fleurs au point de refuser qu’on lui en offre !

Détail qui a son importance certaines jeunes filles sont attirées par certaines fleurs en particulier (les roses c’est facile et ce sont pourtant les plus appréciées) mais il peut arriver qu’elles soient malgré tout réfractaires à certaines (les glaïeuls ne rencontrent pas toujours une adhésion totale, trop emphatiques sans doute). Parmi les éléments à retenir d’une jeune fille, n’omettez pas sa fleur préférée (ce n’est pas une raison pour l’en couvrir à chaque fois… mais c’est comme une carte d’atout à jouer aux bons moments).

Les parfums. Evidemment les parfums ont toujours été l’apanage des femmes depuis des siècles. Et malheureusement pour nous, ils ont tendance à changer suivant la mode (senteur vanille récemment mais ça peut être différent l’année prochaine) et elles ont généralement un avis abrupt les concernant. Tel parfum est considéré soit comme génial soit comme un odieux tue-mouches pour midinettes de bazar ! Mais j’ai fréquemment constaté qu’une .Jeune fille ne s’offusque pas lorsqu’on lui demande franchement quel est son parfum, car justement, ça vous plaît beaucoup et vous aimeriez bien le sentir de nouveau… mais de plus près. En général, vous écopez de délicieux instants à respirer son cou juste sous l’oreille, et en plus vous savez quoi lui faire comme beau cadeau si ça devient un jour approprié. On aurait tort de se plaindre !

Les bijoux. Méfiez-vous, terrain glissant. Goûts extrêmement variés d’une jeune fille à l’autre, compétence pointue pour certaine, restez dans le flou et l’appréciation flatteuse à moins que vous n’émargiez chez Van Cleef ou Chaumet depuis votre Baccalauréat. De toute façon, si elle porte ce qu’elle a c’est qu’elle estime que ça lui va et que ça flatte son apparence. De plus, vous n’en connaissez pas la provenance, et il peut aussi bien s’agir d’une bague ancienne offerte par sa grand-mère maintenant décédée que par son amant du week-end dernier. Quoiqu’il en soit, une femme est toujours attachée à ses bijoux…

Donc, appréciez et flattez avec circonspection et patte de velours. La meilleure chose à dire en fait consiste à en remarquer l’originalité ou le bon goût. Complimentez en ce sens en restant discret sur l’identité de la joaillerie. Ca ne se fait vraiment pas de lancer un « …des Chanel ? et que penses-tu des boucles d’oreilles Dior ? ». II y a plusieurs cas possibles:

– Soit elle aime bien les Dior aussi et elle regrette de ne pas en avoir, ce n’est pas la peine de le lui rappeler. Dans le « meilleur » des cas, elle va vous retourner : ‘Tas qu’à m’en offrir si tu veux que j’en porte ! ». Résultat brillant cela va sans dire…

– Soit elle en a et elle se dit qu’elle aurait peut-être mieux fait de les porter ce soir, donc elle est furieuse de son choix et elle va vous en vouloir de lui avoir fait remarquer.

– Soit elle estime que la marque que vous citez ne vaut pas ses Chanel, et elle va se sentir dévalorisée que vous puissiez comparer ses boucles d’oreilles à ces ersatz de grande marque… a moins qu’elle ne vous prenne pour un plouc. (Aveu : çà m’est arrivé en voulant faire un compliment sur un tailleur de bonne facture… Elle s’en souvient encore, et je ne suis jamais sorti avec elle !)

Cela nous amène aux vêtements. Nous dirons ici que la plus grande prudence, tout comme en ce qui concerne les bijoux, est de mise. De toute évidence, un très jolie fille, même si elle peut se permettre de s’habiller un peu comme elle veut tout en restant drôlement séduisante, ne s’affichera pas avec des fringues qu’elle ne peut pas voir en peinture ! Donc vous êtes obligé d’apprécier son style…

Cas vécu : je n’aimais vraiment pas sa façon de s’habiller, et je m’étais dit qu’être habillé, même mal, ça ne peut être que temporaire quand on est deux, et que ça peut recéler de bonnes surprises par en dessous. Faux. Une fille qui s’habille mal (de votre point de vue) n’a aucune raison de vous affrioler avec des dessous de votre goût. L’habillement est une partie de son caractère. Le mieux est de ne pas insister avec un style que vous n’aimez pas. En plus, en public vous auriez honte (comme moi de la voir en tailleur­pantalon marron à rayures, une horreur !). Laissez tomber.